Les Échos du Désert

Vers la Terre parmi le Vent

Résumé de la séance du 2016-04-16

La fin de la Bloody Warden avait causé toute une commotion dans les Warrens. Enfin, le quartier prenait vie; Toothcutters, Iron Rats, Veiled Alliance et un nombre incalculable de groupes mineurs tentant de remplir le vide laissé par la libération de la tour du Bloody Warden. Manœuvrant les uns contre les autres, créant des alliances ou enflammant des conflits existants – par le Dragon de Tyr, ce que j’aime ce quartier et ce qu’il représente, le vrai cœur de Tyr.

Malheureusement, notre besogne devait nous amener loin de cette zone en ébullition, où nos armes auraient pu être utilisées à bon escient dans les heures à venir. Via le magasin de tapis – une façade d’un groupe criminel connu de Balkan – nous fûmes en mesure de rejoindre l’Under-Tyr et nous éloigner des Warrens, vers le manoir de Quaam.

À la sortie du tunnel, moi et Mite furent en mesure de déceler les meilleures ruelles & avenues pour dissimuler notre groupe des regards indiscrets – pas suffisamment, puisqu’un petit oiseau semblait suivre notre progression du haut des airs. D’un geste discret de la main, Khâssi l’intima à nous rejoindre. Après une brève discussion, elle nous confirma que l’oiseau était, comme elle, un métamorphe, et qu’il semblait être un allié. L’oiseau reprit son envol et semblait maintenant nous guider, nous faisant éviter des ennemis que seul lui pouvait voir – ou nous guidant vers un piège, nous n’avions aucun moyen de le savoir à ce moment. Au sol, un débat entre les compagnons prenait forme. Pourquoi suivre un inconnu – qui était en mesure de se transformer en oiseau – qui nous menait à l’opposé du manoir vers lequel nous nous dirigions? De plus, l’oiseau se dirigeait vers le district des Nobles, un endroit où j’avais certainement mes entrées, mais que j’évitais comme la peste à cause de la lourde présence des Templiers.

Après plusieurs minutes de vol, l’oiseau atterrit devant nous et pointa avec insistance une maison abandonnée du bout de son aile. La scène vola un sourire à certains d’entre-nous, mais nous nous rallièrent finalement aux conseils du métamorphe, qui jusque-là, semblait réellement tenter de nous mener à bon port. Quelques instants après que nous nous dissimulâmes dans la maison poussiéreuse et sombre, une créature flotta dans la rue que nous venions de quitter, traquant définitivement une cible et stoppant net à chaque douzaine de pas pour tenter de retrouver une piste que seule elle pouvait suivre. Quatre mercenaires semblaient suivre la créature, un torse humanoïde avec un bas de corps incorporel. Après quelques regards furtifs et discussions à mots couverts, Mite et Khâssi conclurent qu’il devait s’agir d’une créature possédée par les esprits de la nature. Nous allions avoir des informations plus tard au sujet de cette créature : leur hypothèse était juste. La créature avait marchandé son âme à un esprit primal de la nature en échange de sa survie et n’était nulle autre que Belian, notre vieux compagnon Templier que nous avons laissé pour mort au milieu du désert. Après avoir accepté de remettre son âme à l’esprit de la nature, le désir primal de vengeance de Belian avait pris le dessus; il était maintenant une caricature de lui-même, mon ancien ami, une exagération extrême de la vengeance et du désir de validation qui l’avaient toujours habité.

Heureusement, Belian ne semblait pas être en mesure de nous localiser précisément, seulement de sentir notre présence dans les environs. Après quelques minutes d’attente, nous poursuivîmes notre route vers le district des Nobles, toujours menés par le métamorphe.

Une fois arrivé près d’un portillon gardé menant au district le plus protégé de Tyr, le métamorphe retourna à sa forme normale. Delano, un herboriste allié de Khâssi, distribua des vêtements à mes compagnons pour permettre leur entrée dans le district, et promit de nous expliquer pourquoi il était intervenu auprès de nous une fois arrivés à destination. Ne nécessitant pas de tels artifices pour gagner l’entrée dans ma ville, peu importe le district, je regardai mes compagnons passer sous le portillon, sous le couvert d’un groupe d’herboristes retournant à la boutique de Delano. Après quelques minutes, je passai sous le même portillon, utilisant mon statut de troubadour Athasien que nul ne pouvait ignorer.

Le district des Nobles était splendide, je devais l’avouer. Des manoirs, de larges allées fleuries – une rareté à Tyr – ainsi que des magasins haut de gamme de toutes sortes et des Templiers, des dizaines et des dizaines de templiers dans leur armure polie, patrouillant chaque recoin du district.

Nous nous retrouvâmes bientôt au magasin d’herboristerie de Delano. Un magasin sobre, mais rempli à craquer de fleurs et de plantes inconnues et mes yeux et à mes narines, qui respiraient des effluves douces et épicées alors que Delano nous menait vers l’arrière-boutique. Il ouvra alors une porte de bois moisie par l’humidité – qui donna sur une énorme cour intérieure. Impossible, me dis-je alors, puisque je perçois tous les accès et les sorties dès que j’entre dans un endroit clos : l’arrière de la boutique était adossé à une avenue dans laquelle je venais de circuler. Mais la cour était bien là. Immédiatement, je pensai au Gris, et je me raidis. Le Gris n’était pas un endroit dans lequel j’aimais me retrouver, mais cet espace extradimensionnel semblait différent, invitant. La cour intérieure était entourée d’une villa d’un style inconnu à Tyr. Des colonnades, des arbres matures, des plantes, un tapis naturel de verdure sous nos pieds. Après avoir été assuré par Delano et Khâssi, que nous étions en sécurité, nous passâmes la nuit sous les étoiles ou, pour certains, dans une chambre offerte par les maîtres toujours inconnus de la villa.
Le lendemain matin, la clarté d’un soleil connu, celui de Tyr, mais avec un climat inconnu, plus tempéré, celui qu’un elfe d’un autre âge aurait sans doute caractérisé comme étant celui d’une forêt éparse, nous accueillirent. En marchant dans la cour intérieure, nous vîmes des bas-reliefs et des fresques représentant Tyr dans un autre âge, un âge qui semblait verdoyant, un âge que je croyais impossible, avant que j’entre dans cette cour. Curieux, je montai sur la villa et regardai au loin : des terres luxuriantes dans toutes les directions s’étendaient à mes pieds. Nous n’étions plus à Tyr, me dis-je. Oui, selon une voix féminine qui nous interrompit alors. C’était Tyr, mais Tyr à l’Âge Vert, un Âge, dans un passé lointain, où les Rois-Sorciers n’existaient pas.

Notre hôte, une connaissance de Khâssi, la salua chaleureusement, et poursuivit, en nous indiquant que Denalo était intervenu auprès de nous pour nous sauver de la créature qu’était devenu notre ancien compagnon, le Templier Belian. En discutant, nous élaborâmes un plan d’action pour éliminer cette anomalie sauvage : avertir les individus envers qui Belian pouvait ressentir un sentiment de vengeance – Celia, et le contact de la Veiled Alliance parmi les Templiers de Tyr et ensuite, l’attirer dans un endroit où nous pourrions lui livrer un combat à notre avantage en utilisant son désir de vengeance pour le manipuler.

Elle confirma ensuite mes soupçons : nous étions en effet dans un espace extradimensionnel, qu’elle appelait la Terre parmi le Vent. Cette contrée, ouverte à ceux qui savaient la trouver, hébergeait une image d’Athas telle qu’elle était auparavant, où la nature avait encore toute sa place.

Khâssi reçut alors un titre d’initié complet. Dans quelle organisation, je n’en avais et n’en ai toujours aucune idée, mais je peux imaginer que l’objectif du groupe doit croiser celui de la Veiled Alliance, de ramener cet Âge Vert à Tyr. Mais à quel prix?

Nous quittâmes finalement la villa, mais pas sans avoir appris que le contact de la Veiled Alliance parmi les Templiers avait déjà été éliminé. Sachant Celia maintenant en sécurité, nous nous rendîmes à un manoir du district des Nobles qui devait être toujours un contact des Iron Rats pour quitter le district – maintenant doublement patrouillé depuis l’assassinat (sauvage) d’un Templier par Belian.

Nous tentâmes alors de trouver notre emplacement privilégié pour engager Belian et son groupe. À mon avis, il n’y avait que le lit de la rivière elfique – rivière en nom seulement, plus d’eau ni coulait depuis longtemps – pouvait faire l’affaire. Khâssi effectua un rituel de communion avec la nature et tenta de poser une question directement à Belian – ou plutôt à l’esprit primal de la nature qui l’habitait. Son désir absolu de nous éliminer joua alors à notre avantage : Belian nous répondît, ce qui nous permit de nous rendre à notre emplacement d’embuscade choisi – et de nous y faire traquer par Belian.

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Antoineql JSL

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