Les Échos du Désert

Le Manoir Foxglove
Résumé de la séance du 2014-01-12

Je questionne définitivement la qualité des agents de mon employeur de ce trou à rats que ses habitants osent appeler un « village ». Il y a des jours que je tente d’établir le contact, sans succès apparents. Être davantage évident, je cognerais à la porte pour m’annoncer. Je dois faire évaluer ce satané nœud magique que transporte Hestia pour compléter mon rapport, mais l’accès aux sorciers qui connaissent les rituels m’est présentement limité – pourquoi ne le serait-il pas? Quel être sain d’esprit serait ici – habiterait ici – autre que notre triste groupe? Vivement les spires, les odeurs, la vie de Tyr, ma Tyr, mon seul amour.

Dans l’attente d’un contact, notre groupe investigue le manoir Foxglove. À plusieurs miles d’Altaruk à travers collines et montagnes, un seul chemin se dirige vers le manoir – construit sur une falaise. Le manoir est trop bien situé – impossible de s’y approcher sans être vu. Sous le prétexte d’une chasse à l’id fiend à laquelle nous avons été invités par le noble Foxglove que j’ai sauvé lors de l’assaut d’Altaruk par les silt runners, nous avons au moins une raison d’approcher l’édifice.

Le manoir a définitivement vu de meilleurs jours; plusieurs décennies à l’abandon ont laissé au propriétaire des travaux de restauration colossaux, qu’il semble avoir débuté. Une main est définitivement à l’œuvre ici, mais ce n’est pas suffisant : le manoir ne retrouvera jamais sa splendeur d’antan, Athas vainc toujours les structures édifiées par les races qui se tiennent sur deux jambes.

À la porte, un soldat – c’est clair en constatant sa tenue et la façon ave laquelle il bloque la porte avec son corps en l’ouvrant – nous accueille et appelle Foxglove. Nous ne sommes définitivement pas les bienvenus ici, mais Foxglove veut trop préserver les apparences – il nous demande quelques minutes pour passer une autre tenue afin de nous accompagner pour la chasse. Moi qui croyais être vaniteux.

Dans l’attente du noble, j’inspecte l’extérieur du manoir. Les vitraux qui donnent sur la ville attirent immédiatement mon attention. Ces vitraux – magnifiques – sont en très bon état, beaucoup trop en comparaison du reste de l’édifice. Je dois explorer l’intérieur. Je fais part de cet objectif à Mitte, en retrait du groupe principal, alors que Khâssi et Belian pistait l’id fiend.

Comme à son habitude – j’aime bien la petite vermine, finalement – Mitte livra la marchandise, et plus encore. Sous prétexte de dépecer l’id fiend, ramené sur le dos de la très féminime Zerima, nous retournâmes au manoir avec Foxglove. Mitte s’improvisa alors boucher, exigeant l’assistance des « artisans » hébergés au manoir et me sommant d’aller récupérer des pierres de rivière à quelques centaines de mètres de là.

Un jeu d’enfant de pénétrer dans le manoir – ce hameau crasseux n’est pas si mal pour les voleurs, finalement. À l’intérieur, une pièce dédiée à la peinture où je peux immédiatement percevoir l’humidité et la moisissure ambiante – quelque chose ne tourne pas rond. Ce niveau d’humidité est possible dans les souterrains de Tyr – et encore, mais pas ici, sur une falaise exposée au vent sec et aux tempêtes de sable. Ma curiosité piquée, je poursuis à travers le manoir – en décrépitude : riches rideaux de velours, autrefois splendides, dévorés par des moisissures verdâtres. Du bois somptueux, couvert de poussière et grossit par les infiltrations d’eau et finalement, les vitraux : des créatures innommables, définitivement uniques. Ces vitraux servent à quelque chose, mais je ne peux l’identifier. Mes dessins des représentations de ces derniers permettront par la suite à Mitte d’identifier un tree ant, un roc, un sphinx et des créatures aux yeux rouges et avec des bouches tentaculaires qui vivent dans la mer de Silt et qui y pêchent. Des créatures de légendes, toutes, qui n’ont rien à voir dans un manoir de noble de bas étage comme Foxglove. Un noble sans le sou, avec un manoir en ruine et des goûts pour des créatures fantastiques, donc?

À l’étage, une chambre dédiée à la musique, une chambre des maîtres qui n’est pas utilisée, une salle de bains, une galerie – remplie de peintures couvertes de poussières et de toiles d’insectes – et toujours cette épaisse couche de moisissure spongieuse. Je dois trouver une façon d’atteindre le sous-sol de ce manoir qui doit cacher la source de cette humidité, mais le temps qui m’est accordé est limité. Je dessine à nouveau les vitraux que j’aperçois au deuxième étage avant de descendre pour explorer une salle de bal au plancher de bois déformé par l’eau : un scorpion, un vampire, un papillon, une belladone et une femme vierge avec une araignée. Selon Mitte, cinq éléments requis pour des rituels nécromantiques. Le noble trafiquerait-il dans les rituels de la mort? Si oui, pas surprenant que le manoir soit si éloigné et que son état soit si pitoyable. Ces humains, qui touchent tout et ne comprennent rien. La Mort est bien où elle est, derrière le rideau gris, derrière le voile – laissez-la.

Malheureusement, nous devrons revenir si nous voulons en savoir plus. L’id fiend dépecé, nous retournons à Altaruk. Hestia se rend alors au marché avec Zerima – et y plaide, apparemment – pour sa vie : la haine de Zerima envers elle est si apparente que ça doit en être comique pour un être aussi perceptif qu’Hestia.

En discutant avec Zerima, Hestia indique que les Foxgloves ont des liens avec des templiers puissants de Tyr – ce qui pourrait expliquer la connaissance des rituels nécromantiques de la famille.

Pour l’instant, D’Amico et la verrerie, ensuite, faire sortir le noble sans le sou et ses soldats de son manoir en ruine pour l’explorer. Ensuite, enfin, peut-être, finalement, Tyr.

View
A la poursuite de nos assaillants

Notre cher ami Belial se leva au beau milieu de la nuit avec une idée saugrenu en tête, aller porter un message aux responsables de la scierie qui est posséder par une des familles avec beaucoup d’influence dans la ville. En temps normal il ne craint rien ni personne mais cette fois-ci, je crois qu’il a eu chaud, il a bien failli y perdre un de ces outils si précieux en désamorçant le piège qui avait été posé sur la porte menant au bureau du maître de la scierie car quelqu’un s’en venait dans le couloir, il y a laisser un message sur le mur bien en évidence de venir le rencontrer sinon rien de bien particulier n’a été trouver sauf peut-être un tiroir qui semblait creux mais dont notre cher ami n’a été en mesure vraiment de voir s’il y avait un véritable trésor de caché.

Le lendemain matin après un repos bien mérité et un déjeuner tout à fait correct, nous sommes retournés sur la piste de ceux qui avait enlevé le corps de l’ancien prêtre de la place. Du moins, un doute subsistait à savoir s’il y avait autre chose dans la tombe qu’un simple corps. Après 4 heures à suivre les traces de ces individus, nous sommes arrivés à ce qui semblait avoir été un campement où plusieurs personnes attendaient nos individus. Du coin de l’œil j’ai réussi à voir qu’un messager animal nous suivait.

Quelque instant plus tard, en continuant la poursuite de nos attaquants, j’ai entendu quelque chose de très mauvais, comme si on venait de bander un arc prêt à tirer. Il s’agissait en fait d’une druidesse qui était percher en hauteur et qui nous observait avec attention et nous demanda de nous présenter. Son nom était Shalelu (celle qui marche au travers du vent), elle nous expliqua que nous n’étions pas de taille et qu’il était trop tard, que ceux que nous recherchions s était déjà rendu à leur camp de base et qu’il y avait au bas mot une quarantaine d’individu dans ce camp. Nous somme retourner en ville afin qu’elle puisse faire son rapport au shérif et elle nous a rejoint par la suite à notre auberge.

Quelques uns d’entre nous ont été interrogé le silkrunner qui avait été capture pendant l’assaut. On a appris qu’en fait, une tribu local aurait réussi à rallié plusieurs autre tribu afin de former un giga groupe bien organiser avec des armes de bonne qualité mais qui serait mener par un magicien, un mercenaire, un autre individu possédant un bouclier qui semblerait être en métal et ce que nous avons appris de plus inquiétant, la fille adoptive du prêtre décédé. Elle les aurait rejoint il y a près de 2 lunes selon ces dires. Il nous a indiqué exactement où était le camp et en échange nous lui avons obtenu un mort plus honorable.

Le reste d’entre nous avons été raconté ce que nous savions au boss du bordel en échange de quelque informations futur. De retour à l’auberge, nous avons discuté avec la druide et dame Estia pendant que Belial fouillait son bureau à la recherche de la corde qui contenait un sort dessus. Nous voulions savoir auprès de la druidesse ce qu’elle connaissait des Foxgloves et apparemment rien de bon, le manoir serait hanter par de la magie, la mère serait morte de façon mystérieuse et le père se serait mis en feu mais on ne l’a jamais retrouvé. Tandis que dame Estia nous en a appris davantage sur l’utilité des ossements dans des sortilèges et elle nous a également appris qu’il existait une légende d’un esprit que certaine personne vénérait, cet esprit, mi-chacal et mi-humain mettrait enceinte des individus en y insérant des monstre, il s’agirait du culte de Lamatsu et que les cadavres sont souvent utiliser pour des rituels très puissant. Cela expliquerait peut-être les entailles que la druide a vue sur le corps de la fille adoptive et la présence de très longue griffe qu’elle possédait.

La druide nous donne rendez-vous plus tard car elle part espionner tout ce monde afin d’en savoir davantage car quelque chose de plus gros semble se dessiner à l’horizon.
Belial fut de retour pour une bref période, peu de temps après il était rendu dans la chambre de notre ami Foxglove. Il y trouva des lettres et livre de compte qui expliquait sa situation précaire. Il était en fait casser et devait de l’argent à bien du monde, il possède non seulement le manoir Foxglove mais également une maison à Tyr. Ce serait la confrérie des sept qui soutiendrait financièrement Foxglove mais apparemment en échange de quelque service que ce soit car ils attendent une livraison.

Quelque chose d’autre nous inquiètes, nous n’avons toujours pas revu la tenancière de l’établissement et l’épée au mur qui était magique ne l’est apparemment plus. Nous demandons la permission d’Aller à sa chambre et à notre stupéfaction, elle est barrée de l’intérieur. Peu de temps après, notre bon Belial avait régler le problème et nous étions entrain de fouiller la pièce à la recherche d’indice. Une lettre inquiétante était cachée sous son matelas. C’était une lettre de son demi-frère qui serait en fait un demi-elfe lui expliquant qu’il y a un gros problème avec son père et que ce n’est pas les gens de la ville qui vont le punir pour ce qu’il a fait car son pouvoir peut tout acheter. Ils se sont donner rendez-vous à minuit mais la date n’est pas connu. Nous nous sommes donc précipiter à la verrerie pour en savoir davantage.

View
CSI Altaruk
Où les héros en apprennent plus sur les manigances de ses habitants

“Débout camarades, et célébrons le retour de notre brave hôtesse, la magnifique D’Amico !”

Un sourire ironique, et un regard mi-narquois, mi-halluciné habituel. Le gris est debout, et comme d’habitude s’arrange pour informer tout le monde de ce fait. Mite ronchonne avec dépit et se lève de devant la porte de la chambre de leur protégée, la dame Hestia de Wavir. Il replace lentement sa robe de désert en place en étirant ses membres endoloris par une nuit trop courte. Pendant que le gris pénètre bruyamment dans la chambre et continue de discourir sur ses propres exploits de la veille, le pseudo-halfling se fait une note mentale d’informer son charmant compagnon de ne jamais réveiller les maîtres plus tôt que nécessaire. Mite descend dans la salle commune et se prend un bol de la bouillie habituelle.

Le déjeuner se fait sous les discours incessant du gris, qui relate toujours ses péripéties à qui veut l’entendre. Mais contrairement aux regards ennuyés habituels, il a aujourd’hui un public avertis et plusieurs personnes saluent les héros au passage. Mite se renfrogne sur son bol de bouillie : Qu’est-ce que la notoriété sinon des ennuis supplémentaires ?


“Le marché sera ouvert aujourd’hui, et je veux en profiter.” clame Dame Hestia au petit Mite, qui prend note des besoins de sa maîtresse :

  • Elle veut vendre les statuettes que nous avons récupéré de la caravane perdue.
  • Nous avons aussi besoin d’acheter deux autres kanks et deux véritables charrettes pour le trajet jusqu’à Tyr. Notre demi-charrette et son kank seront insuffisants pour la tâche.
  • Il faut profiter de notre passage à Altaruk pour prendre une cargaison de verre.
  • Il nous faut au moins 10 survival days par personne, soit un total de 60 survival days avec Dame Hestia, sans compter ce que les kanks auront besoin. Il nous faudrait aussi idéalement 2 distillation kits, qui peuvent fournir une ration d’eau aux 6 heures.

Au moment du départ, l’elfe gris arrête Mite et lui présente une inquiétude : Quelle est la nature du rituel possédé par dame Hestia, et comment pourrons-nous en apprendre plus sur le sujet ? Le pseudo-halfling marmonne une réponse où il mentionne qu’il en glissera un mot à la dame pendant la journée.

Dame Hestia part donc vers la place du marché, accompagnée de Mite et de la grande mul. Le marché bourdonne comme une ruche dans le petit matin ; plusieurs caravanes sont arrivées des fermes voisines maintenant que le High Sun est passé et disposent leurs marchandises. Les produits vendus sont simples et utilitaires ; les caravanes plus exotiques venant de loin n’arriveront pas avant plusieurs semaines.

Le marché grouille cependant de miliciens qui ont un œil sur chaque personne et chaque étalage. Mite accroche l’un d’eux et tente de lui arracher un peu d’information sur les événements de la veille, mais ce dernier le repousse comme une vermine. Il essaie par la suite de déclamer sa marchandises mais se fait rabrouer par ce qui semble un fonctionnaire d’Altaruk, qui lui demande paiement en échange d’une place dans le marché. En grommelant de dépit, Mite va payer le prix demandé.

“Encore un autre foutu jour de sranje !"


Le gris et le shaman-templier profitent du jour du marché pour faire leur petite enquête sur l’attaque des silt runners de la veille. Leurs recherches les amènent au Silt Horror, la taverne la moins bien tenue de la ville. Celle-ci tient dans une barrique de planches branlantes, qui grince constamment sous le vent incessant des plaines. La foule elle-même ne vaut guère mieux, et semble se terrer ici avant de mordre le premier passant venu. L’elfe et le shaman-templier, dans leurs habits neufs, détonnent visiblement et attirent les quolibets des habitués. Le gris accroche le barman, une brute épaisse mais bien aguerrie au combat, et lui pose des questions sur les grandes Maisons qui n’ont pas pignon sur rue dans la ville. Le barman lui montre qu’il sait de quoi il parle, mais n’en dit pas plus.

Ils quittent donc la taverne et se dirigent sans plus attendre au bordel. Ils y rencontrent le noble qu’ils ont sauvé la veille, le jeune Aldairn Foxglove qui affirment désirer les rencontrer … après avoir essayé la “marchandise” locale. Les deux compères descendent donc au pit pour voir les combats. Des lézards sont dans l’arène et tournent en rond en se jaugeant l’un l’autre. Il n’y a que peu de spectateurs à cette heure, que des habitués venu dépenser quelques pièces en attendant leur “séance” à l’étage supérieur. Le gris et le shaman-templier en profite donc pour identifier l’organisateur réel des combats, qui tient discrètement table au fond de la salle.

Le gris lui propose un marché : Des informations contre leur travail dans Altaruk. Le gris veut avoir plus de détails sur ce qui l’attaque des silt runners et sur les grandes Maisons qui n’ont pas pignon sur rue dans la ville. L’organisateur lui rétorque que s’il apprend ce qui s’est passé avec les silt runners, il lui donnera volontiers contact avec la maison “aux cimeterres croisés”, une allusion voilée à House Stel, qui fait dans le métal et d’autres activités louches.


La druide Khâssi, de son côté, va directement voir le chef de la milice d’Altaruk, le shérif Hemlok, qui est en ce moment avec la mairesse, Devoreen. Hemlok affirme qu’ils ont capturés plusieurs silt runners, mais que ceux-ci n’en disent pas beaucoup, même sous la torture. Il affirme que les silt runner se sont fait dire que la raison de l’attaque était un secret, ce qui était suffisant pour eux. Hemlok offre à la druide de torturer elle-même un des quatre silt runners encore en vie, si elle veut en apprendre plus. La druide décline l’offre.

Devoreen rétorque que la raison de l’attaque est cependant claire ; c’était une diversion afin d’éloigner les gens du cimetière. L’ancien chef spirituel d’Altaruk, qui est mort dans le feu du précédent temple, a été déterré et son corps a été volé.

La druide se déplace vers le cimetière et observe le pillage de la tombe. Les silt runners ont attaqué du nord, mais des traces de bottes viennent du sud et se dirigent vers la tombe. La présence de bottes est inhabituelle : La plupart des gens portent des sandales et seuls les plus riches peuvent se permettent de véritables bottes. La druide essaie de suivre la trace des bottes, mais celles-ci se perde dans la rocaille de la montagne autour d’Altaruk. Les traces semblent cependant mener vers un plateau que l’on peut voir à une certaine distance à l’horizon.


L’elfe et le shaman-templier termine des négociations avec l’organisateur des combats. Ils vont se servir de l’elfe, qui est encore relativement méconnu en ville, pour faire un inside swindle d’un combat : L’elfe va faire une dive dans son premier combat pour ensuite remporter le deuxième. Ils contactent le bookmaker, qui leur dit de revenir le même soir.

L’elfe et le shaman-templier remonte du pit de combat et rencontrent un Aldairn Foxglove satisfait. Ce dernier les remercie chaleureusement pour leur sauvetage de la veille. Foxglove leur offre une coûteuse bouteille de vin, que les trois comparses vident immédiatement. L’elfe, habitué de la bombance, tient bien la rampe mais le shaman-templier est fin saoul.

Foxglove leur décrit son intérêt pour une chasse à l’id fiend, une créature lézardesque reconnue pour ses pouvoirs psioniques. Foxglove nous paierait pour le protéger durant la chasse, qui peut être dangereuse pour une seule personne étant donné les pouvoirs de peur de la créature. Il nous laisserait en plus les entrailles de la créatures, qui ont de la valeur pour les alchimistes.

Les trois nouveaux amis, célébrant leur bon vin, vont ensuite au marché pour essayer de refiler le lot de statuettes au Foxglove, qui affirment en avoir besoin pour le manoir familial qu’il tente de remettre en état.


" Nesreca sranje ! Achetez mes foutues statuettes, bandes de minables !"

Mite est à bout de patience. La vente ne fonctionne pas et le stock de statuette demeure virtuellement intouché. La mul part faire un tour des acheteurs potentiels mais ceux-ci font la fine bouche, et le seul intéressé ne propose qu’un prix bien inférieur à la valeur réelle du matériel. Le soleil, encore brûlant à ce temps-ci de l’année, échauffe les tempéraments et accable les quelques rares acheteurs qui se présentent.

Dame Hestia, la mul et le pseudo-halfling voient ensuite arriver le guilleret Foxglove, le fin elfe gris, et le saoul shaman-templier. Voyant le stock restant de statuettes, l’elfe gris en profite pour jeter une critique mi-comique mi-acerbe envers Mite. L’elfe présente le pseudo-halfling à Foxglove comme son propre “esclave fou”. Sous la chaleur impitoyable d’Athas, Mite bout intérieurement mais conserve un ton froid et professionnel pour Foxglove, qui finit par partir avec le lot complet de statuette à un prix bien supérieur à sa valeur réelle.

Foxglove quitte ensuite avec les statuettes alors que la druide arrive. L’elfe en profite pour informer le reste du groupe sur son plan d’inside swindle. Mite lui retourne un sourire carnassier et approuve, peut-être un peut trop rapidement, le plan du gris.


Le soir venu, le groupe se retrouve au bordel. La druide tente de s’informer sur la famille Foxglove. Les filles à l’étage affirment qu’Aldairn n’est ici que depuis environ trois jours ; mais que le nom leur semble familier. La naine ayant “servi” Foxglove présente à la druide des documents qu’elle accumule depuis des décennies. La famille Foxglove a effectivement un manoir un peu plus loin au nord d’Altaruk. Un drame ancien s’y est déroulé il y a environ 15 ans : Alors qu’Aldairn avait environ 5 ans, le père Foxglove a disparu et sa mère s’est jetée en base de la falaise. Le mystère n’a jamais été vraiment résolu : Aldairn est allé vivre chez des parents à Tyr et n’est que récemment de retour. Le manoir des Foxglove n’est pas près du plateau où les traces de bottes menaient.

Au niveau du pit, Mite demande à parler à l’organisateur et l’elfe gris le lui pointe à sa table au fond de la salle : “Votre combine, ça a plus de chance de marcher si l’elfe y perd, non ? Alors voici 50 pièces afin de s’assurer qu’il perde, mais qu’alors il perdre vraiment, ça va ?” L’organisateur rit et empoche la somme. La manœuvre n’échappe pas au shaman-templier, qui ne sait pas trop pour le moment de quoi il retourne.

Le premier combat se déroule tel que prévu, sauf que le gris mange une véritable dérouillée. Son opposant, un lézard de la taille d’un chien appelé Jakha, le bat à plate couture. L’elfe fait cependant suffisamment un show pour faire un effet et pour aliéner la foule qui le hue copieusement, encouragé en cela par Mite.

En coulisses, les servants de l’endroit recousent rapidement l’elfe, salement amoché. Ils en profitent pour le maquiller et le marquer comme plus blessé qu’il ne l’est réellement. Il revient près d’une heure plus tard pour un combat “revanche” contre un paysan de la région complètement saoul. La foule, hostile et encouragée en ce sens par Mite, le hue et mise massivement contre lui. L’organisateur, le shaman-templier, l’elfe et la mul mise subrepticement pour lui.

L’elfe fait une bonne mise en scène et réussi à vendre le fait qu’il est blessé. Il met cependant rapidement sont ennemi hors de combat, en quelques secondes fulgurantes. Mite soupire et regarde autour de lui ; malgré la vitesse du combat, il semble que la foule est trop saoule pour se douter de quoi que ce soit.


Le groupe retourne ensuite à l’hôtel du dragon rouillé, où ils sont accueillis par D’Amico. La druide en profite pour lui poser des questions sur le plateau où mène les traces de bottes. Elle affirme qu’une ranger se tient à cet endroit et patrouille la région autour d’Altaruk. La ranger s’affiche comme une protectrice du village et des fermes aux alentours.

L’elfe, encore épuisé de ses deux combats, s’assit sur un tabouret et demande à D’Amico un verre de son produit le plus violent, le plus venimeux. D’Amico rit, et lui offre un verre de Goliath Warbrew, la boisson que prennent les demi-géants avant de partir à la guerre. L’elfe, de son bras valide, donne le verre à Mite :

“Bois.”

“Je travaille, je ne vois pas en travaillant, moi.”

“Bois.”

“C’était nécessaire, il fallait vendre l’affaire, de cette manière vous vous êtes assurés un bon profit, non ?”

“Bois.”

“…”

BOIS !”

Mite soupire et prend le verre, qui fume et crépite violemment dans son verre de terre cuite. Il regarde l’elfe dans l’œil et vide le verre d’un trait. Sa figure se tord immédiatement de douleur et il se met à tousser sans pouvoir s’arrêter. Il accroche désespérément la jambe de pantalon de l’elfe, qui le regarde comme on observe un rat. Mite murmure, d’une voix rauque, coupée par la toux et la douleur :

“<ark> Elfe, <rheu> je suis peut-être un esclave, <arrh> mais je ne serai jamais <arg>, jamais, TON esclave ! <gra>”

Il tombe par la suite face contre terre, inconscient.

View
Invasion d'Altaruk
Résumé de la séance du 2013-11-08

Du toit de ce que les habitants d’Altaruk appellent maladroitement un temple, j’observai la progression de l’invasion des Silt runners. Il est alors clair que le portillon nord a été corrompu et que les envahisseurs ont utilisé cette entrée pour pénétrer dans le village.
Si la situation m’importait le moindrement, j’aurais certainement une bonne discussion avec les gardes qui étaient en poste sur le portillon nord, mais, heureusement pour eux, ce n’est pas le cas. De mon perchoir, je peux par contre confirmer que la ligne de la position défensive sur laquelle nous nous trouvons tient bon; l’invasion est contenue au nord du village. L’auberge – et notre seul moyen de retourner à Tyr – est toujours debout. J’observai par contre un élément curieux que je désire consigner en ces pages. L’attaque est désorganisée et ne semble pas avoir un objectif central. Un subterfuge? Cette idée est appuyée par Khâssi, toujours en bas du temple, qui ajouta que les Silt runners ne s’attaquent pas à des villages de la taille d’Altaruk et considère aussi leur attaque erratique.

Le templier se joint alors à moi sur le toit du soi-disant temple pour observer lui aussi les mouvements des envahisseurs. Il réalisa alors que certains des envahisseurs étaient actifs près de notre position et nous indiqua leur emplacement. Je descendis alors pour me dissimuler de l’autre côté de la place, sans savoir qu’un spectacle se dessina avec comme théâtre mon ancien perchoir; en tentant de nous joindre, le templier perdit pieds et se blessa grièvement lors de sa chute. J’aimerais dire que je m’en faisais pour son état, mais ce serait le commentaire d’un meilleur être: je pouffai de rire et me concentrai sur les Silt runners.

Trois envahisseurs étaient actifs sur la place que nous avions accepté de défendre: l’un s’attaquait à des enfants, barricadés dans une chaumière. Le second poursuivait une jeune femme à l’ouest de notre position et le troisième, plus massif et mieux équipé – le chef du des Silt runners – s’attaquait à un noble caché sous un étal renversé. Bénéficiant du chaos ambiant, j’emboîtai le pas à Mite, qui se dirigea vers le chef des Silt runners alors que Khâssi et Zerima se concentrèrent sur la protection de la chaumière abritant les enfants.

Nos adversaires furent coriaces, mais à la fin du combat, nous étions toujours debout. Je me dirigeai alors vers le noble qui était attaqué par le chef des Silt runners et l’amena dans le temple où les résidents s’étaient réfugiés. Le noble, Aldairn Foxglove, revenu à Altaruk pour récupérer le manoir de sa famille, professa sa reconnaissance à maintes reprises alors que Khâssi et Zerima guidaient les enfants de la chaumière vers le temple. Mite eu moins de chances avec la jeune femme – le Silt runner ayant eu davantage de temps seul avec sa proie que ses comparses. Belian, quant à lui, observa et fouilla les corps des envahisseurs. Sur le torse du chef, il réagit fortement à un éclair rouge peint. Je devrai creuser cet élément plus tard.

Avant de retourner à l’auberge, le sheriff nous interpella – il avait du travail pour nous en échange du matériel requis pour retourner à Tyr. Une bonne façon de passer le temps dans ce village…

À l’auberge – toujours privée de la présence de sa propriétaire – je quittai immédiatement mes compagnons de fortune; la rédaction de la missive à mes employeurs m’attendait, sans compter les blessures de la journée qui alourdissaient mes pas et courbaient mes épaules. Je ne savais toujours pas quelle était la nature du sortilège que notre bienfaitrice amenait avec elle à Tyr et je ne pouvais permettre que cette situation perdure davantage. Mes employeurs – et le peu de conscience que je puisse démontrer – m’empêchait de permettre l’entrée d’un puissant sortilège inconnu dans Tyr, MA ville et mon seul amour, ha que ses rues – MES rues, ses odeurs – même ses rats! me manquaient alors.

Le Gris

View
Le Festival du High Sun

Les hommes partent d’un côté et les femmes de l’autre… Nous sommes partie me chercher des vêtements un peu plus officiel afin de bien identifié mon statu. Je ne cherche pas le trouble et ne veut que la paix mais cet habit en est quand même un de corruption. Ce n’est pas facile de faire changer de mentalité le monde qui ne me connaisse pas et ceux-ci sont très souvent peu ouvert d’esprit et ont tendance à généralisé assez vite.

Pendant ce temps, les femmes enquête de leur côté sur les événements passés dans cette ville. Il y a 5 ans un grand feu a eu lieu dans la ville et une série de meurtre a également eu lieu. Une série d’événements peu joyeuse a eu lieu dans ce village. Lieu reconnu pour sa verrerie d’une incroyable qualité et dont les principaux commerçants seraient en fait ceux qui mène la ville. Le meurtrier a été pris sur le fait par celui qui est désormais shérif de la ville et a été pendu haut et court pour tous les meurtres qu’il aurait commis. Cet homme était en fait un très grand sculpteur et donc plusieurs sculptures et bas relief sont disparus de la ville. Le feu quant a lui, a eu lieu par la suite et aurait démarré dans la chapelle. La nouvelle chapelle va être inaugurée sous peu en même temps que le festival du High Sun. Toute ces informations ont été obtenu après une petite visite au cimetière du coin où plus d’u ne quinzaine de tombe semblait être les victimes de celui qui se faisait surnommer le chopper et plus d’une cinquantaine de tombes fut trouver avec le symbole du feu dessus mais deux d’entre elles étaient différentes, il s’agissait en fait de celle du chef spirituelle de l’époque et de ce qui se trouve à être celle de fille adoptive. Cette fille a été abandonné au porte de la chapelle lorsqu’elle avait près de 4 ans et a donc été recueilli par le chef spirituelle mais celle-ci n’a jamais été accepté par les gens du village à cause de ces facultés un peu particulière comme celle de pouvoir influencer les esprits faibles… tout le monde la traitait comme une sorcière… Ces infos n’ont pas été révélées par le chef spirituelle actuelle car il ne voulait pas répondre au question mais le shérif a bien voulu éclairer nos lanternes.

Nous sommes de retour à l’auberge, nous demandons à voir la propriétaire qui n’est malheureusement pas présente car elle est partie voir ce qui se passe dans les fermes. Petite note a moi-même, ne plus jamais demander de vin dans un établissement comme celui-ci… Il était immonde… Plusieurs petit travaux peuvent s’offrir a nous afin de ramasser un peu d’argent pour organiser notre voyage jusqu’à Tyr mais le plus facile et efficace reste les bons vieux paris illégaux baser sur des combats de toute sorte… Nous allons pouvoir y entrer grâce au mot de passe donner par le tavernier qui était présent à l’auberge. Une seule chose nous chiffonne, l’épée de métal magique est toujours accrocher au mur et n’est pas protéger. Nous apprenons que plusieurs ont tenté de la prendre mais après trois tentatives, le monde ont fini par comprendre qu’il fallait mieux ne pas y toucher. L’histoire de cette épée est assez intéressante, après s’être engueulé avec son père et frère, elle aurait quitté la maison familiale avec un groupe d’aventurier et serait revenu avec une arme, une armure et tout plein d’histoire.

Mite est allé voir Estia qui était entrain de vérifier ce dont l’on aurait besoin pour le voyage et il a remarqué sur le bureau qu’il y avait une pomme magique et elle a affirmé l’avoir créé et en être plutôt fière. Dans un monde comme celui-ci où l’eau est une denrée rare, les objets magiques de ce genre favorisent la guérison. Nous sommes reparties par la suite tenter notre chance au jeu. En chemin, nous avons été interceptés par le shérif qui ne semblait pas très heureux de savoir que l’on fouillait dans le passé mais il a fini par nous laisser tranquille. Rendu sur place, Belial à préférer essayer d’amasser d’avantage d’information sur la ville et s’intéressant davantage à des discussions et à l’aspect plus intellectuelle des filles de la place… Je n’ai pas compris pourquoi il avait fini par payer aussi cher pour ces informations alors qu’ils n’avaient pas posé la main sur aucune d’entre elle mais bon… De mon côté, je suis allé avec Mite pour voir comment fonctionnait les jeux et qui dirigeait. Nous avons réussi par gagner une petite somme d’argent, ce qui compense légèrement pour toutes les pertes de Belial. Le but premier était d’éventuellement faire combattre dans l’arène notre guerrière mais après lui avoir soumis l’idée, elle la repoussa du revers sans avoir la moindre ouverture d’esprit. Belial se proposa mais il fut averti de ne pas se frotter à Trek… Le jour du festival, nous étions non loin de la chapelle pour le dévoilement et la foule à commencer à se faire attaquer. Nous l’avons défendu du mieux que nous pouvons et avons promis au shérif de s’occuper de se coin ci de la ville car des cris se faisait entendre au loin dans la ville.

View
Le dragon rouillé

La cour arrière de l’auberge du dragon rouillé donne sur un vaste plateau donnant sur la route de Tyr. La vue y est imprenable : On y voit le grand désert de la vallée de Tyr, les tempêtes de sable se faire et se défaire, les vortex meurtriers monter et descendre sous le soleil implacable. Par temps clair, on peut y voir jusqu’aux pics acérés des Ringing Montains et les locaux affirment même qu’on peut parfois y voir quelques éclats verts, des vallées oubliées par le temps et les rois sorciers.

Malgré la vue, la cour n’est guère fréquentée ; les grands vents font fuir les quelques ivrognes qui s’y retrouvent par accident. L’assaut incessant du vent et du sable a poli toutes les surfaces, rendant le bois et les rochers luisants comme le verre. C’est le refuge des esclaves et travailleurs à la petite semaine, qui viennent ici se cacher et se reposer de la cacophonie de l’auberge.

Il y a un certain code, une règle implicite parmi les esclaves. En situation de pénurie, c’est chacun pour soi et que le meilleur l’emporte. Mais en situation d’abondance, l’esclave chanceux doit partager avec ses compatriotes moins fortunés. C’est le code, et malheur à celui qui oserait y contrevenir !

Deux mul et une naine somnolent doucement contre le mur de l’auberge, insensibles au combat éternel du désert. La porte arrière de l’auberge s’ouvre doucement, un petit visage laideron avec les sourcils froncés apparait dans l’entrebaillement. Les sourcils retombent rapidement et un grand sourire, une peu carnassier, s’affiche sur le visage de la créature. Elle sort sous le vent, qui menace brièvement de l’emporter, trainant derrière elle une chope pleine, plus grosse que sa tête.

“Sortez vos gamelles, les enfants, je vous ai trouvé de quoi de bon !”

La voix est légèrement rocailleuse, légèrement haute perchée, et légèrement arrogante. Elle remplit la cour comme si celle-ci s’ouvrait sur une caverne. Les yeux des muls et de la naine s’ouvrent avec ennui et regardent la créature et sa chope démesurée. Les yeux se croisent brièvement. Des sourires s’échangent, d’abord curieux, et puis satisfaits.

Le code, la règle. Tout s’enchaîne ensuite comme une pièce longuement répétée.


“Alors vous l’avez sauvée du désert, la dame de la chambre bleue ?”

La voix du mul est bourrue, forte, abrasée par le sable du désert et les vents d’Altaruk.

“D’une certaine façon. Elle s’appelle Nira Hestia, de la Maison Wavir, et elle allait rencontrer la vieille Devyn qui fait boutique à Tyr. Ça vous dit quelque chose ?”

Les trois têtes marquent leur déni et prennent une autre gorgée de bière dans leur gamelle de bois usée par le temps. Le mul bourru se passe la langue sur les lèvres et enchaîne :

“Ça, non. Les Wavir sont corrects, mais comme ils ne font pas la traite des esclaves, on les voit pas souvent. J’pourrais pas dire.”

La petite créature se gratte le menton consciensieusement, comme pour déloger un parasite particulièrement vorace.

“Entre nous, elle prétend faire partie de la Veiled Alliance. Elle a certainement des trucs avec elle touchant aux forces arcanes, mais elle pourrait autant travailler pour les templiers. C’est sûr qu’elle ne doit pas s’afficher comme une servante des Sorciers, si ce qu’on dit de Tyr est vrai.”

Le mul regarde le fond de sa gamelle et semble déçu d’y voir déjà le fond.

“Ouais, pas de sorciers ici à Altaruk, et c’est vrai, celui de Tyr a été abbatu. C’est un templier qui a pris sa place, et il aurait aussi libéré les esclaves. Ici, on est toujours enchaîné par contre, alors je ne sais pas ce qu’il faut en penser. Enfin, je ne me plains pas trop. Altaruk est loin de la haute politique ; On n’est que quelques centaines ici, et on garde une des passes les plus importantes menant à Tyr, alors notre avenir est solide. On travaille surtout aux souffleries pour les artisans du verre, c’est chaud mais c’est pas trop difficile. On a même quelques pluies qui rigolent jusqu’au désert, c’est un sacré spectacle après avoir vaguebondé sur la cendre …”

Le mul se passe la main sur le front.

“… mais ça sera pas avant bien des jours, après le festival du Haut Soleil. Comment a été la route ?”

La petite créature lappe avidement ce qui reste dans le fond de la choppe, avant de la déposer avec un soupir de déception.

“Bof, bien j’imagine. Je n’était pas vraiment sorti de Tyr avant, alors comment savoir ? On a été attaqué par des nomades dans les collines. Heureusement, deux de mes comparses les ont vu rôder. On leur a tendu une embuscade, en prétendant avoir monté le camp dans les rochers. Ils ont eu une sacré surprise …”

La créature se passe une main dans ses rares cheveux.

“… mais pas autant que moi. J’ai eu un accident et toute la terre a brûlé autour de moi. Mes potes, ils étaient foutrement en colère, même que le petit vlimeux grisâtre m’a collé un gnon sur la gueule. J’ai laissé passer, les grands aiment ça laisser une deuxième chance aux plus petits, comme ça ils se sentent magnanimes.”

La naine essuie sa gamelle nonchallemment avec une poignée de sable, en riant sous cape.

“T’as un pouvoir, toi ? C’est pas de chance mon vieux. Moi, je peux lever et lancer des roches. J’peux pas dire que ça m’ait aidé. Même que le maître, il m’en a collé toute une la dernière fois que je m’en suis servie.”

La créature hoche de la tâche.

“Ouais, ce pouvoir, c’est le malheur, la nesreca. Velika nesreca. Ça vient de la famille. Les ancêtres, apparemment qu’ils contrôlaient ça comme ça, tu sais …”

Et la créature claque des doigts.

“… mais maintenant, on ne s’en souvient plus. Je sens ça couler autour de moi, et je ne contrôle rien. Glupost ! Enfin, ils m’ont traîné vers dame Hestia pour qu’elle m’explique les ‘choses de la vie’, comme ils disaient. J’ai fait l’imbécile, mais je savais bien ce qui s’était passé. La dame m’a expliqué ça, mais pas assez pour me convaincre qu’elle était vraiment de l’Alliance. Ça correspondait à peu près à ce qui était enseigné à mes maîtres templiers. Et puis il peuvent bien m’accuser d’être sans coeur, c’est moi qui ait épargné l’un des nomades afin qu’ils nous dise où était caché son équipement. On en a eu pour une bonne quantité d’eau, de quoi survivre une vingtaine de journées, au moins.”

Les esclaves se regardent. Le mul bourru se gratte la tête, pensivement.

“Attends un peu, toi. T’as pas le pouvoir froid, ni le pouvoir humide. T’as le pouvoir brûlant ! T’es un maudit … un salaud de brûleur !”

Il se lève et serre les poings, regardant la créature qui lui retourne un regard impassible.

“Calme-toi, le grand. C’est la nesreca, le malheur, comme je disais. Tu me prends pour un templier, ou quoi ? J’contrôle pas ça, du moins pour le moment. J’essaie d’éviter de m’en servir, mais c’est naisamisliv pour le moment. Tu sais ce que c’est.”

La naine, toujours assise, prend doucement le mul bourru par la cuisse, qui se rassoie prudemment. Les regards restent cependant toujours braqués sur la créature.

“Calme-toi Yarok, tu veux ? Qu’est-ce que tu ferais, toi, si tu avais un pouvoir pareil ? Serais-tu capable de ne jamais l’utiliser lorsque tes frères sont en danger ? Continue, étranger.”

“Heh ? Oh, Appellez-moi Mite, c’est le nom que les maîtres me donnent. Ouais, après les nomades, la gardienne mul a monté la garde et nous avons dormi. Le jour suivant a été plus dur. On était loin de la route, et les montagnes sont pas mal difficiles à grimper. Tout le monde a du mettre la main à la pâte. Ceux qui voyaient loin ont cherché un chemin, et puis il fallait contourner les obstacles les plus importants, et finalement lever le chariot à bras lorsque nécessaire. Notre compatriote mul est pas mal solide, même pour une mul. Ça été une sacré bonne chance de l’avoir avec nous.”

La créature appelée Mite prend une pognée de sable et la laisse s’écouler lentement entre ses doigts.

“On s’est rendu jusqu’aux portes, où dame Hestia a payé les cinq pièces d’argent. Pas de marché jusqu’au festival du Haut Soleil, alors on est coincé ici jusque là. On dit que le chemin à Tyr est dangereux, alors faudrait se joindre à une bonne caravane. On a été chanceux jusque là, mais il faudrait pas trop pousser sa chance. Altaruk est une belle ville par contre, y’a beaucoup de neuf dans le coin. J’ai vu l’amphithéâtre et la grosse chapelle, c’est pratiquement plus gros que ce que je connais à Tyr.”

La naine hoche affirmativement de la tête.

“Oui, nous avons eu plusieurs grosses familles de Tyr qui ont déménagé ici après la chute de Kallak. Il y a les fermiers-brasseurs Deverin, les bûcheurs Scametese, les potiers Valdemar et les verriers Kajitsu. Ça ne fait pas le bonheur de tout le monde …”

Le deuxième mul, silencieux jusqu’à maintenant, marmonne de manière inintelligible sous sa kandura rapiécée.

“… surtout parce que la nourriture se fait rare. Mais autrement ça va.”

La naine sourit aimablement à la créature, qui hoche doucement la tête.

“Huh-uh, je vois. Enfin, on s’est retrouvé au Dragon Rouillé suite à la pression de mon compatriote grisâtre et de l’autre gus. Ils semblaient très intéressé à rencontrer la tenancière, D’Amico. C’est sûr que c’est une sacré numéro ; c’est dur à croire que la girouette est en vrai métal et qu’elle accepte de la laisser là exposée à tous les vents. Et son épée est métallique, et aussi enchantée … je n’ai pas vu ça souvent, même dans les maisons des templiers de Tyr.”

Le regard des esclaves se porte malgré eux vers le toit de l’auberge, où on entend la girouette tourner dans le vent.

“Et elle sait raconter des histoires, y’a pas à dire. Peu importe si c’est vrai, ça remplit son auberge. Enfin, je ferais mieux d’y aller, je suis supposé accompagner dame Hestia au théâtre. Une pièce au sujet d’une licorne où je ne sait trop quoi …”

La naine se lève.

“Ouais, il vaut mieux rentrer, le vent devient désagréable. Et il faut se magner le cul avant que le maître sorte le fouet … mais dis-moi, étranger, pourquoi autant d’ouverture envers nous. Après tout, nous pourrions raconter ça au premier constables venu et vous serez pendu avant l’aube …”

Elle pointe le mul Yarok, qui se relève péniblement et secoue le sable de ses pantalons déchirés. La petite créature, toujours assise contre le mur de l’auberge, ferme les yeux tranquillement.

“Huh-uh … je crois que je m’ennuie de la famille, c’est tout. Avec eux, je peux tout leur dire, vous voyez ? Tyr est grande comme ma poche, et on arrive toujours à se rencontrer sur le coin d’une ruelle, entre deux commissions. Je m’ennuie, c’est tout. Du vieux Poks, des frères Rato et Raci, et de la belle Fli. Vous voyez ?”

Les deux mul entrent dans l’auberge, laissant la naine debout devant la petite créature.

“Et puis … entre nous … Yarok peut bien raconter ça à qui il veut. Qui croira un esclave ?”

La naine tend la main et aide la créature appelée Mite à se lever. La créature la remercie d’un sourire et enchaîne :

“Rob misli samo na sebe, n’est-ce pas ?”

View
Vers Altaruk
Résumé de la séance du 2013-08-31

Bon, je ne pensais pas revenir à moi aussi tard. Ce satané Haut Soleil.
J’étais bien dans le wagon de prisonniers, comme prévu, mais au deux tiers du chemin entre Tyr et Altaruk! Peu importe, ma mission devait continuer.

Autour de moi s’affairait les rouages d’une caravane, les gardes et servants qui faisaient fonctionner l’ensemble de façon cohérente. Une cinquantaine d’individus, tout au plus. Les gardes – apparemment peu sympathiques à notre cause, si je m’en fie à leurs réactions et à leurs injures – ne semblent pas corruptibles. De toute façon, je n’avais rien à leur offrir dans ma situation. À vrai dire, je ne savais pas tellement quelle était « notre cause » à ce moment. Quel élément reliait les prisonniers? La vente d’esclaves? Parmi ces derniers, une Mul d’une taille imposante, Zerima, comme je l’appris plus tard, aurait pu faire un excellent gladiateur. Belian, un templier avec qui j’avais déjà fait des affaires à Tyr, n’allait certainement pas être vendu. Un crime assez important pour trainer un templier hors des murs de sa ville? Mite, un étrange petit être s’imaginant être un halfling alors qui ne l’était clairement pas y était aussi, tout comme Khâssi, qui pouvait, je l’appris aussi plus tard, prendre forme animale. À part ceux-là, des femmes et des vieillards mal-en-point : impossible de les sortir du wagon et du désert avant qu’il ne soit trop tard.

À l’arrêt de la caravane, un pavillon commença à être érigé au centre du camp – certainement mon objectif. Sur le pavillon, des armoiries de la maison Wavir de Balic, la cité des Voiles. Balic revenait donc dans l’histoire, encore une fois.

J’indiquai alors à mes comparses prisonniers que je n’avais aucune intention de demeurer dans le wagon et que j’allais me rendre au pavillon central pour voir ce qui s’y trouvait. C’était déjà un meilleur plan que j’avais l’habitude de faire, mais Khâssi et Belian en rajoutèrent en indiquant que le croisement des routes près de nous était un territoire de chasse bien connu de tribus elfiques et de prédateurs souterrains qui sentaient les vibrations du sol pour capturer leurs proies. Ayant obtenu le soutien de mes comparses prisonniers, je crochetai la serrure avec une mince tige de bois trouvée au fond du wagon sous le couvert d’une tempête de sable miniature conjurée de mes mains et me rendit près des kanks, les animaux de trait de notre wagon. Agrippant la jambe du premier et piquant le second avec ma tige de bois, je les affolai suffisamment pour les faire avancer de plusieurs mètres et provoquer la course d’un garde qui tenta maladroitement d’agripper l’attelage derrière eux pour les maîtriser. C’en était assez pour les prédateurs souterrains, qui propulsèrent alors leurs tentacules à l’extérieur du semble afin de capturer les créatures causant les vibrations qu’ils venaient de percevoir. Profitant de la distraction, nous nous rendîmes d’abord au wagon d’équipement de la maison Wavir afin de nous y équiper et ensuite au pavillon central, où une discussion animée était en cours. Mite s’interposa et exigea la sortie des gardes par l’arrière du pavillon, où notre embuscade était tendue, afin d’assister dans le combat contre les prédateurs souterrains.

Dès la sortie des gardes, le combat fut engagé. Mite, lors de ce dernier, conjura un sort arcane qu’il ne fut pas en mesure de dissimuler. Un sort arcane devant un templier. Ce petit être avait définitivement beaucoup à apprendre sur Athas.

Malgré nos armes de fortune et notre état physique dégradé par des jours d’exposition au soleil, les gardes ne furent pas de taille. Nous apprîmes alors qu’ils gardaient un lieutenant de la maison Wavir, une humaine dans la mi-trentaine d’un certain charme. Le lieutenant nous indiqua alors, beaucoup trop rapidement, qu’elle était membre de la Veiled Alliance et qu’elle se rendait à Tyr afin de déterminer la véracité des rumeurs sur la mort du Roi-Sorcier Kalak et d’accroître l’influence de sa maison commerciale. Soit elle mentait, soit elle ne connaissait pas ce que signifiait être membre de la Veiled Alliance à Tyr. De plus, dans les coffres de la maison Wavir, nous prîmes possession d’une corde avec des nœuds à intervalles apparemment aléatoires – un rituel puissant pour ceux qui savent le déchiffrer, selon Khâssi.

Suite aux actions des prédateurs souterrains, les autres membres de la caravane étaient soit dispersés ou avaient été tués. De notre côté, nous étions maintenant trop loin de Tyr pour y revenir avec les maigres provisions qui étaient disponibles dans ce qui restait de la caravane. Altaruk, un village établi comme poste commercial entre Balic et Tyr, était notre seule option. Utilisant le dernier kank restant pour tirer le wagon d’équipement de la maison Wavir, notre groupe de fortune se mit alors en marche.

- Belial Khazad

View

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.