Les Échos du Désert

Arbre de la vie

Compte-rendu du 2016-06-26

D’un geste de la main, le Gris intima ses compagnons au silence, deux doigts pointés vers l’avant pour indiquer les sources des bruits qu’il venait de percevoir.

Des voix grommelaient dans le corridor.

« Qui va là, vils servants de Nibenay? »

Deux formes spectrales translucides émergèrent alors des murs du corridor devant les Compagnons.

Après un bref regard interrogateur, le Gris poursuivit :

« Nibenay est détruite depuis bien des soleils, vieillards. Nous ne sommes pas ici au nom de la Cité Maudite, mais bien pour accompagner un druide qui sanctifie notre voyage. L’Arbre est malade, nous venons le guérir »

Les créatures semblèrent considérer les propos de l’étrange elfe et conférèrent entre elles :

« Même la mort n’a pu nous relever de notre garde; prouvez-nous que vous n’êtes pas de ceux qui détruisent la nature! »

Khassi se fraya alors un chemin vers l’avant du groupe et tenta d’amadouer les gardiens en faisant état de sa vision, du fait qu’elle avait été appelée par l’Arbre.

Un des gardiens s’assouplit visiblement à la mention de la vision, mais le second gardien demeurait sur ses gardes, causant une agitation certaine parmi les constructions qui parsemaient le plafond au-dessus des Compagnons. Auparavant immobiles, les constructions – des araignées – ouvrirent les yeux et se dressèrent, prêtes au combat.

Balkan leva alors les mains, paumes vers les Gardiens, et ajouta :

« Gardiens, nous respectons votre tâche éternelle. Nos intentions ne sont pas maléfiques. Nous sommes prêts à vous suivre et à laisser nos armes ici, si c’est ce que vous souhaitez. Sinon, laissez-nous passer; vous pourrez nous intercepter à notre sortie si nos intentions étaient moins que salutaires pour l’Arbre. »

À ces mots, les armes spectrales des gardiens furent rengainées. Balkan, en marchant à travers un de ces derniers, ajouta :

« Mais continuez votre vigie, Gardiens. Des créatures malveillantes nous suivent, et leurs intentions ne seront pas aussi bonnes que les nôtres »

Le tunnel déboucha sur une caverne naturelle avec une végétation luxurieuse, telle que les compagnons n’avaient jamais eu la chance d’admirer auparavant. La vaste caverne était séparée d’un ruisseau en son centre, mais les Compagnons ne pouvaient apercevoir une sortie visible, qu’ils s’empressèrent de rechercher.

Le Gris, beaucoup plus à l’aise dans la noirceur de la caverne que sous le soleil de plomb d’Athas, perçut des pas naturels qui progressaient vers eux.

« Bipèdes, avec des griffes, quatre créatures, marchant lentement »

Annonça-t-il à Balkan, qui se trouvait près de lui.

D’un geste du menton, le Gris intima Balkan d’aller informer les Compagnons de l’arrivée imminente de ce qui s’avéra être une couvée de Thri-Kreen, qui rejoignirent la caverne à partir d’un tunnel, parallèle à celui utilisé par les Compagnons.

« Qui va là? » Hissa alors un des Thri-Kreen, levant ses pattes armées.

« Du calme, du calme, lança le Gris. Nous sommes tous ici pour le bien de l’Arbre. Nous avons une druide avec nous qui a eu une vision, nous la suivons »

« Oui, nous cherchons l’arbre aussi. Je suppose qu’il n’est pas par là? » Ajouta Balkan, à son arrivée, à la tête des autres compagnons, en pointant le tunnel duquel provenait les Thri-Kreen.

Après l’arrivée de Khassi, il apparut qu’elle appartenait au même groupe que les Thri-Kreen. Des marques sur leurs corps respectifs prouvaient leur allégeance. Les druides discutèrent brièvement des visions qui les avaient amenées ici. Khassi pu alors apprendre que les Thri-Kreen voulaient déraciner l’arbre et l’amener dans leur contrée, où ils croyaient pouvoir le protéger.

Durant la conversation des druides, le Gris et Balkan poursuivirent, avec les autres Thri-Kreen :

« Si vous venez de ce tunnel et que nous venons du fond de la caverne, il ne reste qu’un tunnel à explorer, n’est-ce pas? Pourquoi vous ne menez pas la marche? Nous allons continuer d’explorer la caverne ici et nous venons vous cherchez si jamais on trouve quelque chose. »

Les Thri-Kreen, visiblement doués d’affinités avec la nature mais pas avec des menteurs de la qualité de Balkan et du Gris, s’empressèrent de se diriger vers le tunnel que les deux compagnons indiquaient – celui qui menait vers les gardiens spectraux et la sortie, évidemment.

Le champ libre, les compagnons poursuivirent leur chemin vers un escalier découvert à l’arrière de la caverne. L’escalier menait vers le bas et menait vers une nouvelle caverne, très fertile, dominée par de nombreuses fontaines fonctionnelles agrémentées de formes animales gravées.

Derrière les fontaines, une vision, une création magnifique, l’Arbre de la Vie. Un immense conifère aux dimensions inimaginables, l’Arbre trônait au milieu de la caverne, entouré des fontaines et de ses gardiens, des squelettes animés d’un feu interne.

Adressant la parole à ce qui apparaissait être leur capitaine, les compagnons apprîmes que des agents de Nibenay avaient tenté par tous les moyens de récupérer l’arbre, d’où l’attitude des gardiens spectraux à l’entrée. Le capitaine, lié, lui aussi dans l’au-delà à la protection de l’arbre, indiqua aux compagnons que l’Arbre ne pouvait être déplacé, puisque ce dernier demeurait sous sa protection, même s’il était mourant, même si son déplacement allait lui sauver la vie.

Khassi proposa alors : « pourquoi ne pas le replanter ici, tout simplement? »

Le gardien fut silencieux quelques secondes, et acquiesça, indiquant qu’il n’allait pas interférer.

Khassi s’approcha alors de l’arbre, et replanta la graine qui allait permettre à un nouvel arbre de naître, tout près de l’Arbre mourant, et entouré de ses gardiens immortels.

Leur tâche accomplie, les compagnons quittèrent respectueusement la caverne, et saluèrent les gardiens une dernière fois. À leur sortie, ils suivirent la piste des Thri-Kreen, qui avaient été moins diplomates qu’eux : les corps des araignées détruites en étaient la preuve. Les rencontrant ensuite, Balkan et le Gris poursuivirent leur mascarade : l’Arbre n’était plus ici, indiquèrent-ils. La vision les avait dirigés ici par erreur : l’Arbre était réellement à Tyr : c’était un test, poursuivirent Balkan et le Gris, très convaincants, comme à leur habitude. Suite à ce discours, les Thri-Kreen consultèrent leurs esprits ancestraux par un rituel, auquel se joignit Khassi. Comme Khassi l’avait indiqué auparavant à Balkan et au Gris pour mieux ficeler leur mensonge au Thri-Kreen, il y avait effectivement deux sources à la vision : l’une où ils se trouvaient et la seconde, à Tyr. Convaincus, les Thri-Kreen repartirent vers Tyr, deux fois bernés par les Compagnons.

Les Compagnons quittèrent aussi vers Tyr, mais pas avant de rencontrer des Templiers d’Ulriik, qui cherchaient sans doute l’accès à l’Arbre. Ils ne pouvaient trouver l’Arbre, ni survivre au désert. C’était des sales Templiers, et ils n’allaient pas revenir à leur ville, ni les demi-géants qui les accompagnaient. Les compagnons passèrent à l’attaque, silencieusement pour le Gris, avec un cri de guerre pour Zerima, et avec leurs sortilèges pour Balkan, Khassi et Mite.

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Antoineql JSL

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